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Publié le par Barbara Schuster

 

Je ne réussis presque pas à fermer l'oeil de la nuit.

Puis la matinée passa super vite. J'avais la tronche dans un sacré brouillard. Laurent vint nous dire au revoir et prendre les dernières consignes. Ensuite, il n'aurait plus qu'à rouler jusqu'à retrouver notre contact local, en Espagne. Avec Alexia. Elle resterait sur place avec la caisse et Laurent partirait au Maroc, choper la deuxième voiture chargée jusqu'à la gueule.

Puis retour. Une voiture ouvreuse, lui derrière avec 70 kilos de ganja. Un jeu d'enfants.

Normalement.

Hassan arriva pendant que je planais en pensant au convoyage. On se cassa rapidement tous les deux, direction la banque. Avec la GSX-R. Un truc dément. A donf. Je faillis dégobiller deux fois, pourtant j'avais rien graillé. Dans les virages, c'était n'importe quoi. Arrivée à l'agence, j'étais toute verte.

La guichetière était pas vraiment pressée de nous faire entrer. Faut dire qu'avec le casque sous le bras, on ressemblait à deux braqueurs amateurs. Elle finit par appuyer sur le bouton magique, puis tiqua quand je demandais Jonathan.

- Je vais voir ce que je peux faire pour vous...

C'était une blonde pas très jolie et beaucoup trop maquillée.

On poireauta pendant dix bonnes minutes. Des chaises en plastique et des fausses plantes vertes. Quelle misère.

Rasta était déjà en bas de chez moi. Matinal. Il venait de m'envoyer un texto. Faisait le sphinx sur mon parking en attendant notre retour.

Puis Jonathan arriva dans le hall d'accueil, tout de Armani vêtu.

- Venez, suivez moi.

On traversa deux couloirs. Il ferma la porte de son bureau.

- Vous auriez dû m'appeler avant... au lieu d'attendre ici.

Il semblait un peu nerveux.

- Pas grave. On a l'habitude d'attendre. Comme aux Assedic.

Hassan sortit plusieurs liasses de son sac à dos en se marrant. Devait y avoir plus de 10000 euros, à vue de nez. Il y avait de tout. Même des billets de cinq. Mais surtout des vingt et des cinquante. Des liasses qui claquent.

- Sur quel compte tu veux que je pose ça Hassan ?

- Un compte où je peux retirer quand je veux. Parce que l'autre fois...

Jonathan leva les yeux au ciel.

- L'autre fois j'ai placé ton argent, comme tu m'avais demandé. Et tu ne peux pas y toucher pendant deux ans, c'est vrai, mais au final, t'aura un sacré paquet de thunes en plus. Sans avoir rien branlé.

Hassan retrouvait vite le sourire quand on parlait son langage. Et Jonathan savait adapter sa tchatche suivant le public qu'il avait en face.

- Ouais je sais. Mais là je vais peut être le claquer dans des merdes. Une nouvelle bagnole pour mon père, des trucs dans le style... Donc je veux qu'il soit dispo.

- Pas de soucis. Mais ça prendra quand même 5 jours. Faut que je dépose par vagues, sinon c'est trop voyant. Enfin tu connais la musique Hassan.

Il baillait déjà. Pour lui un mec en costard était forcément un arnaqueur et à choisir, il aurait préféré garder les liasses sous son pieu. Mais il savait bien que c'était aussi ça qui avait niqué les Malki. Les flics avaient trouvé des milliers de francs chez eux, et des pesetas. Un pur délice pour la brigade des stups et les douanes. Ils avaient saisi toute la maille. Je ne voulais pas d'un scénario aussi pourri. Hors de question qu'ils saisissent un seul billet, craquant ou neuf, chez moi. Le jour où je tombe, ils auront qu'à se déchirer un peu au niveau de l'enquête pour rentrer dans leurs frais.

Je rentrai chez moi fissa, capter Rasta. Il n'avait rien fumé, ça se voyait à son air. Il était nerveux de chez nerveux, au pied du bloc. Les deux lascars allaient passer un très mauvais moment aujourd'hui. Le pire de leur vie.

Alexia passa elle aussi, juste avant midi, prendre les dernières consignes avant de faire la sieste. Le départ était proche, mais je la sentais assez détendue. J'étais persuadée qu'elle allait faire un bon taff. Assurer. Elle avait un putain de caractère.

Mon portable sonna.

Me Fischer.

Merde.

- Bonjour, ça va ?

- Ouais, bof... la raison de ton appel ?

- Ecoute j'étais au commissariat pour une garde à vue. Rien à voir avec vous. Par contre j'ai vu que le procureur avait lancé un mandat d'arrêt à l'encontre de Francis Reinhardt.

- Je t'écoute.

- D'après ce que j'ai lu sur la feuille, ce serait pour une tentative de meurtre. La victime, j'ai pas vu son nom, mais c'était un arabe je crois. Le seul truc que j'ai compris, en lisant à l'envers et en diagonale, c'est que le gars s'est fait tirer dessus en sortant de l'hôpital. Pourquoi il y était, j'en sais rien... Il serait en réa à l'heure qu'il est.

- Putain.

- Comme tu dis. Je sais que tu connais bien Francis le manouche. Cette histoire, je veux rien en savoir, mais je pense que tu devrais lui dire de se rendre. Les flics sont sur les nerfs. Ils veulent le coincer à tout prix. Et ils l'auront, un jour ou l'autre.

- Je me doute. Mais je sais pas où il est. Sans déc. Mais à la limite, c'est sans regret. De toutes façons, il ne m'aurait pas écoutée.

- C'est mauvais en tous cas.

- La victime, elle va y passer ?

- Aucune idée.

Je raccrochai.

Francis, putain.

Ce mec était cinglé. Il était allé attendre Mouss à la sortie de l'hosto pour le shooter. Quel malade. C'était de ma faute. On n'aurait pas dû l'emmener là-bas pour notre expédition punitive. Trop risqué. Tout ça pour quelques euros claqués aux courses.

Fallait que je me tuyaute sur cette affaire. Mais où ? Je pensais à Saveljic, mais j'avais pas trop confiance. Puis je pensais à cette journaliste que j'avais croisée après la fusillade. Fallait que je me creuse pour retrouver son nom. Elle en saurait peut être plus sur ces coups de feu. Peut être même qu'il y avait déjà quelque chose dans le canard. D'après ce que disait l'avocat, ça devait être tout frais.

Je passais un coup de fil au Dernier Canard local. Je savais plus le nom exact de la gonzesse, mais je me rappelais que ça sonnait breton. On me fit passer par deux standardistes et deux personnes qui « n'étaient pas les bonnes ». Puis je tombai sur la gonzesse.

Je ne savais pas trop par où commencer.

- Nolwenn le Diwan, bonjour.

- Bonjour, excusez moi... je cherche un renseignement par rapport à une fusillade.

- Celle de la rue de Vancouver, la semaine dernière ?

Elle me demandait pas qui j'étais. Cool.

- Non, pas réellement. Mais ce jour-là on s'est rencontrées, vous faisiez l'enquête sur place, vous m'avez interrogée...

- C'est possible... j'ai discuté avec pas mal de gens.

- Voilà.... J'appelle pas pour ça... en fait je sais qu'il y a eu un échange de coups de feu hier soir, devant le CHU. Un mec a été gravement blessé. Je voulais savoir... vous avez quelque chose dans le journal ?

- Non, ça ne me dit rien. Ca m'étonne d'ailleurs, qu'on ne soit pas au courant. En plus j'étais de perm' cette nuit. C'était à quelle heure ?

- Je ne sais pas. Ecoutez, je sais juste que la victime sortait de l'hosto, que quelqu'un lui aurait tiré dessus et qu'elle est en réanimation maintenant. Je pensais que vous en sauriez plus.

- Ben non. J'étais pas au courant. Mais je vais me renseigner. Vous verrez ça dans le journal demain...

Elle semblait sceptique. Et pressée de raccrocher.

- Excusez-moi madame Le Diwan, mais c'est pas des conneries ce que je vous dis. Il y a même un gars qui est recherché pour cette affaire.

- Ecoutez, vous pouvez me laisser un numéro de téléphone ? Je vais gratter et si je trouve quelque chose je vous rappelle. Et si je trouve des billes, je ferai un article de toutes façons...

Elle me croyait pas. Pas grave.

Je lui laissai mon portable, puis je raccrochai.

Les flics avaient rien dit aux journalistes. C'était foireux. Putain. Tentative de meurtre.

Rasta était assis dans le salon. Il était entrain de déballer deux cagoules style commando.

- On se déguise ?

- Déguisés ou pas, ils sauront vite qui on est...

- Clair. Mais ça leur fera une petite surprise.

David avait un regard de fou. Je ne racontai rien des histoires de Francis. On verrait ça plus tard.

14h. Direction le grand sud.

Tension maximale.

Rasta avait trouvé une vieille Passat ruinée. Celle d'un smokeur de chez nous qui avait des dettes. Ca ferait parfaitement l'affaire. En cas d'embrouilles, on pouvait carrément la laisser en plan.

On avait tous les deux mis deux couches d'habits. « Comme des putains de kamikazes qui vont se faire sauter, inch allah » avait dit Hassan. En fait, c'était pour tout cramer dès notre sortie de la cave. Voiture et habits utilisés. Notre ADN partirait en fumée et les poulets l'auraient dans le cul. Et si les deux zobs donnaient un signalement, il serait tout faux. A la masse.

On entra dans la ZUP sud, au ralenti. Trois toxicos attendaient le client, avec de la mauvaise héroïne à vendre. J'aimais pas cet endroit, il puait la mort. On se gara comme prévu, au fond du parking. L'entrée de la cave n'était pas loin. Le bloc jaune était légèrement en retrait par rapport à ses deux jumeaux. Numéro 20. Personne ne voyait l'entrée de l'immeuble depuis la rue. Parfait.

Le cousin d'Hassan était déjà là. Il nous siffla trois fois, en passant près de la voiture, puis se planta non loin de l'entrée, son MP3 sur les oreilles.

On se planqua vaguement. Rasta d'un côté, moi de l'autre. J'étais derrière un container, lui dans un angle. Comme dans un putain de film du FBI. Starsky et Hutch. N'importe quoi. Les deux zozos ne tardèrent pas trop. 14h53. Un bruit de moteur. Ils étaient en avance. Signe de prudence. Garés au fond, comme nous, le dos au bloc pour éviter toute mésaventure. Rien ne bougea pendant quelques minutes. Je commençais à avoir des crampes dans les cuisses à force d'être accroupie comme une mendiante. Je sentais mon coeur qui s'affolait. Je fis un signe à Rasta, puis je frappai violemment avec ma crosse sur la poubelle métallique.

Dzong.

Le bruit était infernal. Azzedine resta scotché au siège, mais le rouquin sortit immédiatement de la caisse, en scrutant les voitures arrêtées. Puis, il s'approcha du cousin, qui faisait semblant de rien.

- Salut man, t'attends quelqu'un ?

- Hein...

Le cousin enleva ses écouteurs, en prenant une tête de débile.

- Pardon ?

- Non rien.

Le rouquin avait un sourire méprisant.

Je vis Rasta courir comme une panthère vers la bagnole du rouquin. Cette putain de Clio de malheur. Au moment où il atteignait la porte, je mis un coup de Sig derrière la nuque du rouquin qui venait de faire volte face. Il s'affala presque sans bruit le long du mur.

Quand je relevais la tête, Azzedine était en train de gueuler. Trente secondes. Le temps que Rasta lui pointe le 357 dans les reins. Il s'arrêta aussitôt. Signe de bon sens. Le cousin s'était éloigné, son rnb dans les oreilles. Je pris les serres flex et je saucissonnais les bras du rouquin.

Ensuite, on obligea Azzedine à traîner son collègue jusqu'à l'entrée du bloc. Il tremblait

comme une feuille. On lui aurait donné 15 ans.

- Putain les gars, déconnez pas. Je vous laisse toute la came, gratis. Pas de stress. Ok ?

Rasta ne disait rien. Putain le gamin n'avait toujours pas compris qui on était, derrière nos cagoules de guignols ? Il souffla en traînant son pote jusqu'au fond. La cave était entrouverte, comme convenu.

Le rouquin commençait à se réveiller et à gémir. En ouvrant les yeux, il se mit presque tout de suite à chialer. On les dépouilla d'un grenaille et d'un 7.45. Putain, ça devait être celui qui avait fait les trous dans la BMW de David. Puis on ligota aussi Azzedine.

Et j'enlevais ma cagoule.

- Salut Azzedine.

Ce que je vis n'était plus de la peur, mais une putain de terreur. Ses mains tremblaient et ses yeux tournaient dans leurs orbites.

- J'ai l'impression qu'on a des choses à se dire toi et moi.

Rasta venait de sortir le 357. Il vida ostensiblement 5 balles, puis en remit une dans le barillet. Il le fit tourner et tira le chien.

Clic.

Le rouquin dégoulinait de sueur.

- Parler de quoi ? On n'a rien fait. Je vous jure, on n'a rien fait.

- Rien fait de quoi ?

- C'est pas nous...

Le rouquin ne disait toujours rien.

- Ah ouais, et c'est qui alors ? Ecoute bien petit con. Mon ami ici présent est très fâché. Tu vois, il avait une très belle BMW. Une chouette bagnole, honnête, avec des sièges cuir et tout. Tu vois ?

- Non, non...

Azzedine commençait à perdre les pédales. Rasta s'approcha de lui, le gun en mains. Puis il lui balança un coup de crosse dans le visage.

- On ne dit pas « non » à la patronne petit con.

Azzedine et le rouquin chialaient pour de bon, tout en nous suppliant de les laisser partir. Ça commençait à sentir la merde. Comme prévu, il y en avait un qui avait chié dans son froc.

Je repris la parole.

- Fermez vos gueules. Je veux des excuses. Tout de suite. Et avec un peu de sincérité. Sinon, mon pote le cannibale se fera un plaisir de jouer à la roulette russe... il adore ça.

Azzedine n'en menait pas large. Je sentais ma main qui tremblait, serrée sur le Sig. La haine.

- Pardon, faut nous excuser madame... on voulait pas, on croyait que...

- Tu croyais quoi enculé ? Que t'allais nous descendre et devenir le boss de la cité ?

- Non je...

- T'es un vrai malade. Pour qui tu te prends ? Tu chies encore dans les couches de ta mère et à cause de tes conneries, j'ai les flics au cul. T'entends ? T'as mis les keufs dans la partie ! T'as ramené les bleus au quartier. Te veux devenir quoi ? Une putain de balance ?

Le rouquin pleurnichait de plus en plus, en appelant sa mère.

- Et toi ferme ta gueule. Si tu continues de pleurer je t'en colle une dans le buffet.

Rasta lui met le 357 devant la tronche.

Le rouquin le regardait.

- Pitié man, pitié...

- Je t'ai dit de la fermer, t'as entendu ? Bon les gars, dites moi. Réellement. Vous vouliez vous suicider, c'est ça ?

- Non... euh... on voulait...

- ... flamber devant les potes ? Faire semblant de jouer dans la cour des grands ? Prendre la place des vieux dans le bizness ?

Les deux bébés lascars. Putain. J'avais même pas envie de les accabler. C'était des gosses. Savaient pas ce qu'ils faisaient. C'est bien pour ça qu'ils étaient dangereux. Rasta fouilla dans sa poche et sortit un embout en métal. Un silencieux. Je vis les yeux du rouquin déjanter complètement. Rasta le vissa lentement sur le canon du revolver. Je me tournais vers lui.

- Alors man ? Verdict ?

- On les bute patronne. Pas le choix. Ma BM, quand même.

Je hochais la tête.

Azzedine commençait à pleurer et à supplier. Il allait pas s'y mettre aussi. Je lui mis un coup de pied dans les burnes. Il hurla de douleur. Je détestais les pleureuses.

Puis le rouquin s'excusa, parla de sa mère, de son petit frère... de ses soucis. Intarissable.

- Je veux pas mourir s'ils vous plait. Je ne veux pas mourir...

David restait imperturbable, le chien relevé. Et le sourire aux lèvres. Je lui parlai à l'oreille.

- On embauche ces deux ânes ?

- Embaucher ? Pour quoi faire ?

- Intérim. En attendant la sortie de Pti Ka... comme ça, ils vendent et te remboursent la BMW.

- T'es tombée sur la tête patronne ? Je trouve c'est dangereux. Ils voudront se venger. Ils nous niqueront dès qu'ils pourront.

- Non. Ils ont pas les couilles. Les prendre avec nous, c'est la seule solution. On les aura à

l'oeil. Man on peut pas tuer ces deux gamins... putain, on est pas à LA...

Rasta n'était pas convaincu, mais haussa les épaules.

- C'est toi la patronne.

Je m'approchais d'Azzedine.

- Bon man, t'as le choix. Je suis pleine de bonté aujourd'hui. Soit tu bosses pour nous et tu revends ce qu'il faut pour dédommager mon ami. Style travail d'intérêt général tu vois ? Soit tu fais ta prière et je te laisse quelques minutes tout seul avec mon pote...

Rasta, toujours silencieux, continuait ostensiblement à jouer avec son calibre. Le rouquin n'écoutait plus rien. Il gémissait, parlait tout seul à sa mère.

- Alors ?

Azzedine tremblait.

- Ok, ok. C'est bon, on bosse pour vous. C'est bon.

- Mais n'oublies pas. T'auras pas de deuxième chance. A la prochaine embrouille, t'iras bouffer les pissenlits par la racine. Compris ? Même si tu m'arnaques de 5 g, t'aura une bastos dans le cul, c'est clair ?

- Oui...patronne.

Et voilà. Encore un qui m'appelait patronne.

Petits merdeux.

Rasta les détacha tous les deux, puis leur rendit les guns. Déchargés. Et parla enfin.

- Les gars ?

Les deux lascars n'osaient même pas lever les yeux vers lui.

- Vous voulez un conseil ? Allez vous laver, vous puez la merde ! Sans déconner...

Azzedine se frotta les poignets rougis à cause du scotch. Sans rien répondre.

Quand il leva les yeux, il avait pris 10 ans.

- Je vous surveillerai pas spécialement bande de nases, j'ai autre chose à foutre. Mais si vous déconnez, je finirai par le savoir. Compris ?

Azzedine me regarda.

- J'ai qu'une parole patronne. Si on bosse pour toi, il n'y aura pas de soucis. Pas d'embrouilles.

Le rouquin tremblait toujours.

- Attendez un quart d'heure, qu'on soit partis.

- Et pour le taff ?

- Tu me trouveras en temps voulu. Chez le turc.

- Ok.

Puis on se cassa sans un regard pour eux.

Putain de vie.

Publié dans 7ème journée

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